La guerre qui ravage l’Est de la République Démocratique du Congo n’est pas une guerre communautaire. Elle est, avant tout, une guerre économique, une guerre de prédation orchestrée par des intérêts extérieurs, notamment ceux du régime de Kigali, et menée avec la complicité honteuse de certains de nos compatriotes.
Lors d’une récente interview sur la BBC, le Directeur de l’Agence de Pilotage , de Coordination et de Suivis des Conventions de Collaboration (APCSC) a tiré la sonnette d’alarme. Il a dénoncé l’impact destructeur de cette guerre sur les efforts d’investissement et de reconstruction. Des projets structurants, conçus pour toutes les communautés sans distinction, sont aujourd’hui à l’arrêt dans les zones sous occupation. Parmi eux, la construction de la Route Nationale N5, qui promettait des retombées économiques concrètes pour tous, y compris pour les populations dites rwandophones.
Mais que reste-t-il de cet espoir ?
Ces projets sont aujourd’hui paralysés, les investisseurs fuient, les communautés plongent dans la précarité. Et pourtant, c’est au nom de ces mêmes communautés que le M23 et ses parrains prétendent prendre les armes. Quelle hypocrisie ! Quel cynisme ! Si cette guerre était menée pour le bien des populations rwandophones, pourquoi les priver des infrastructures censées améliorer leur quotidien ? Pourquoi faire de leur terre un champ de ruines ?
Il est temps de dire la vérité :
Le régime de Paul Kagame ne se bat pas pour les Congolais d’origine rwandaise. Il se bat pour ses intérêts stratégiques, économiques et politiques. Il se bat pour continuer à piller les richesses du Kivu avec l’aide de groupes armés criminels, dans l’indifférence complice de certaines puissances et figures politiques africaines, dont l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki.
À vous, nos compatriotes rwandophones, nous lançons cet appel :
Ouvrez les yeux. Refusez de servir de prétexte à une guerre qui vous détruit. Ne vous laissez pas instrumentaliser par ceux qui ne voient en vous qu’un bouclier humain ou une justification politique.
Rejoignez la grande majorité du peuple congolais qui aspire à la paix, au développement et à la justice.
Le gouvernement congolais a le devoir d’expliquer en termes clairs et accessibles les agissements du pouvoir de Kigali, mais aussi de vous tendre la main. Car la paix ne sera possible qu’avec la vérité, la justice et l’unité de toutes les composantes de notre nation.
Nous n’avons pas besoin d’un Congo fragmenté par la haine. Nous avons besoin d’un Congo réconcilié, où chaque citoyen, quelle que soit son origine, peut vivre dignement, sans crainte et sans guerre.








