En plein état de siège, alors que l’Ituri tente de se relever de décennies d’instabilité, un événement d’ampleur a eu lieu ce jeudi 17 avril à Tchomia, dans la chefferie de Bahema Banywagi. Un meeting populaire sans précédent, animé par le chef Yves Kawa Panga Mandro, a rassemblé des milliers d’habitants venus écouter un message fort, teinté de vérités longtemps tues.
Pour la première fois depuis son retour en scène, le notable iturien a tenu à clarifier publiquement les raisons profondes de sa rupture avec l’UPC de Thomas Lubanga. Mais plus encore, il a lancé une sévère mise en garde à l’endroit des opérateurs économiques de Tchomia et de Bunia qui, selon lui, soutiendraient activement le mouvement subversif CRP dirigé par Lubanga, mettant en péril la stabilité déjà fragile de la province.
Le ton était grave, presque martial. Devant une foule attentive, Sa Majesté Yves Kawa a tenu à rappeler que la paix en Ituri ne pouvait se construire sur la duplicité et la complicité économique avec des forces déstabilisatrices. Ce discours, salué par de nombreux habitants comme « libérateur », a marqué un tournant dans le rapport entre pouvoir traditionnel, population et sphère politico-militaire.
Mais au-delà des mises en garde, le chef coutumier a également rassuré. Il a promis la fin des tracasseries et abus dénoncés dans la région, en réaffirmant son soutien à la vision du président Félix Antoine Tshisekedi pour un État de droit, ainsi qu’aux efforts des forces de défense, notamment ceux menés par le commandant de la 332e base de la force navale sous la direction du lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama.
Ce message d’unité, d’ordre et de vérité tombe à point nommé. Car si la guerre en Ituri est aussi une affaire de fusils, elle est surtout une bataille pour les cœurs, les esprits — et les consciences. Et dans cette lutte, les voix comme celle d’Yves Kawa Panga Mandro peuvent encore faire la différence.








